Pourquoi tu pleures…? – Théâtre du Nouveau-Monde

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Crédit photo; Yves Renaud

COMMENT DÉCHIRER UNE FAMILLE…

Au Théâtre du Nouveau-Monde: Voici un secret trop bien gardé : non seulement Christian Bégin est un auteur de théâtre aguerri — ceci est son quatrième texte — mais ses pièces au réalisme vif ont le rare pouvoir de traverser le cœur pour frapper directement l’esprit. Cette fois-ci, il s’interroge sur notre étonnante capacité de nous cacher à nous-mêmes les maux qui empoisonnent notre société, notre pays, notre planète. Et si, en fait, c’était en grandissant dans une famille, n’importe quelle famille, que l’on apprenait à ne pas voir ce qui peut nous détruire ?

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Crédit photo; Yves Renaud

Dans une arrière-cour de banlieue, propre et anonyme, deux scènes de retrouvailles familiales s’entrecroisent. La première est un souvenir, celui du retour de Guillaume que fêtent les Bérubé. Le cadet de la famille a passé un an en Afrique pour y brasser des affaires lors d’une mission gouvernementale. Ce qu’il y a fait réellement, sous prétexte de protéger ces contrées minées par le terrorisme et d’y diffuser la démocratie, nul ne le sait et ne veut vraiment le savoir. Car à ce sujet et à propos de tout ce qui dérange, la famille garde le silence. Dans la seconde rencontre familiale, un an plus tard, les Bérubé font la lecture du testament du père décédé : il lègue cinq millions et des poussières aux membres de la famille, qu’ils doivent se répartir de manière équitable selon leurs besoins respectifs.

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Crédit photo: Yves Renaud

Tandis que frères et sœurs s’entredéchirent pour cet argent, l’exercice de partage exacerbe les tensions, révèle le narcissisme et la solitude de chacun. France s’abîme dans son désir de jeunesse, Manon, dans le rôle de la martyre. Roger est incapable de s’affirmer et Guillaume s’enfonce dans un cynisme complet. La mère, en gardienne de la paix, nie quant à elle la réalité pour préserver les apparences et l’union de la famille, préférant fermer les yeux plutôt que de faire face à la vérité et à ses conséquences. Plane enfin l’ombre toute puissante du père qui orchestre cette lutte obscène entre les siens, et qui continue de diviser et de briser ses enfants. Sous le silence, les blessures sont vives. La famille est une zone de guerre tranquille. Elle est en phase avec une époque où les gouvernements divisent pour mieux régner, où les puissants abusent de ceux qui se trouvent au bas de l’échelle. Pendant ce temps, chacun détourne le regard pour ne pas affronter le aime le pire ; chacun se réfugie dans son arrière-cour, propre et anonyme.

Une belle brochette d’artistes dont:

Cette magnifique pièce est présentée au Théâtre du Nouveau-Monde jusqu’au 10 décembre 2016. Ne ratez pas votre chance, achetez vite vos billets.

 

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